( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )
Le géant laitier français Lactalis (marques Président, Lactel, Galbani) a annoncé jeudi qu'il allait devoir "répercuter" l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur ses prix de vente aux consommateurs, tout en cherchant à le "minimiser en fonction des catégories" de produits.
Les hostilités dans la région depuis fin février ont "un impact important sur les coûts, à la fois sur les transports et les emballages", a expliqué Emmanuel Besnier, son PDG, lors de la présentation des résultats annuels 2025.
Il a évoqué la "nécessité d'aller répercuter ça auprès de nos clients".
Son directeur général des opérations Thierry Clément a, de son côté, assuré que le groupe voulait "minimiser (cet) impact en fonction des catégories" de produits, tout en estimant le surcoût lié au conflit à "plusieurs dizaines de millions d'euros" pour le groupe basé à Laval, dans l'ouest de la France.
Lactalis a annoncé jeudi avoir enregistré un chiffre d'affaires de 31,2 milliards d'euros en 2025, en hausse de 2,9% sur un an, malgré le "fort impact" des taux de change sur ses activités, principalement aux Etats-Unis, son deuxième marché.
"C'était une année charnière pour le groupe avec la consolidation de notre développement sur le continent américain" où les ventes régionales "ont dépassé les 10 milliards d'euros" pour la première fois, a déclaré Emmanuel Besnier lors d'une conférence de presse à Grenade (Espagne).
"On subit la force de l'euro, donc on a des effets de change", a-t-il ajouté.
Le bénéfice net de Lactalis a progressé de près de 50%, passant sur un an de 359 millions à 528 millions d'euros, après un exercice 2024 marqué par le règlement d'un litige avec le fisc français qui avait plombé son résultat net.
En 2025, "dans un contexte assez compliqué" marqué par "l'instabilité" au niveau mondial, entre taxes douanières mises en place par les Etats-Unis puis la Chine, crises géopolitiques ou encore "la hausse importante du prix du lait" de vache, Lactalis a su "continuer sa croissance", a aussi fait valoir Emmanuel Besnier, à sa tête depuis 2000.
Entreprise familiale depuis sa création en 1933, le groupe derrière les camemberts Président, la mozzarella Galbani, le fromage Leerdammer ou encore les laits Parmalat et Lactel, "prépare l'avenir avec l'acquisition effective depuis 15 jours" des activités grande consommation de la coopérative laitière néo-zélandaise Fonterra, a-t-il encore poursuivi.
Interrogé enfin sur les rappels de laits infantiles qui ont émaillé le secteur entre décembre 2025 et le début d'année, y compris chez Lactalis, Emmanuel Besnier a déploré "des problématiques compliquées, dramatiques", tout en assurant que "l'alimentation n'a jamais été aussi sûre et saine".
"Quand il y a un accident, ça prend des proportions bien plus grandes qu'avant", a-t-il estimé.
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